New York, mon Italie (Noémie)

6 novembre 2010 § 3 Commentaires

Les vacances de la Toussaint m’ont permis de rejoindre New York pour quelques jours. Et je me réjouissais de faire le voyage transatlantique avec Alitalia. Je me souvenais que lors d’un vol précédent, nous, passagers, avions eu droit en guise de snack à des mini-pizza bien chaudes, emballées dans des petites boîtes en carton. Ok, c’est un mystère pour les fines gueules à qui je le confie, mais quand je prends l’avion, je suis toujours impatiente d’engloutir le contenu de mon plateau-repas. Peut-être parce qu’un long voyage, c’est de l’attente. À l’aéroport, dans l’avion avant le décollage. De l’attente encore quand le chariot garde-manger passe une première fois en direction de l’avant de l’appareil, avant de remonter jusqu’aux rangées du fond, où les fauchés de la classe éco crèvent de faim. Peut-être aussi parce que tout est petit sur ce plateau et que j’ai toujours aimé jouer à la dînette. Que l’excitation du voyage, chaque fois la même, pourrait me faire manger un Bolino et de la crème Jock à 10000 mètres d’altitude.

Et donc je trépigne comme si j’avais 10 ans quand vient mon tour de répondre à la question « Boeuf ou poulet ? » / « Chicken or beef ? ». Sauf que ce vendredi 22 octobre, sur le vol AZ 234 Rome-Newark, on ne m’a rien demandé. L’hôtesse a posé devant moi un plateau unique, que j’ai détaillé en moins d’une demi-seconde, immédiatement déçue. Au centre de mon triste programme : une micro-salade ressemblant à la garniture aromatique que je fais tous les jours à l’école de cuisine, couverte d’une tranche de jambon cru, un risotto à la vezzanese (déguelassimo) et même pas de dessert (en fait un mini-cône servi après le thé). Voyant mon abattement, mes voisins italiens m’ont donné une barre de Kinder, super fiers (« It tiz é kindeurrr, frôm Itttaly ! »), comme s’ils m’offraient mon poids en chocolats Patrick Roger. Grazie mille, mais je voulais de la pizza…

Alitalia, compagnie des gastronomes

 

Ce long préambule sur l’art culinaire aérien pour introduire une carte postale new-yorkaise aux accents d’Italie. Le soir de mon arrivée, je me précipitais chez Maialino, dernière adresse du restaurateur Danny Meyer, à qui l’on doit de belles tables, classiques, efficaces, généreuses, haut de gamme ou street food (Union Square Café, Gramercy Tavern, Tabla, Blue Smoke, Eleven Madison Park, The Modern, et de plus en plus de Shake Shack, stands à burgers bio). Maialino, logé dans le Gramercy Park hotel, au bord du parc charmant qui porte le même nom, se veut trattoria romaine. Le menu est concocté selon les saisons et les couleurs du marché d’Union Square (juste à côté). Déco de bois et gros carreaux au sol, long bar et tables communes, comptoirs charcuterie, fromage et boulange, serveurs élégants et super sympathiques (la marque de Danny, il paraît). Sur la carte, beaucoup de cochonnaille (le nom du restaurant signifie « petit porc »), et de petites assiettes à grignoter avant un primo puis un secondo piatto. Pas mal de fromages et de vins italiens aussi.

Pour nous, crostini de figues-ricotta-miel, suppli al telefono, seiches pissenlit et vinaigrette pimentée, ravioli ricotta-beurre brun-citron et sauge, spaghetti alle vongole. Tout simple, et délicieux. Tout ça, avant une torta della nonna magnifique (oubliés, digérés, les Kinder et les horribles risottos), tarte aux pignons de pin-citron, accompagnée d’un caramel citronné renversant. Belle et modeste comme une grand-mère d’Italie au tablier fleuri. Je ne tarderai pas à tenter de la reproduire ici.

Torta della nonna de Maialino

Bonus du menu de Maialino, un intrigant raviolo al uovo (pas goûté) : ravioli démesuré à la ricotta crémeuse et à l’épinard, renfermant un jaune d’oeuf qui s’écoule dans l’assiette une fois le ravioli percé… Anissa, prête-moi ta machine à pâtes !

Raviolo al uovo

Maialino, 2 Lexington Avenue, New York.

Autre étape italienne de mon séjour new-yorkais, Kesté, pizzeria récemment ouverte sur Bleecker St, dans Greenwich Village. Le patron est un traditionaliste de la pâte napolitaine, fine au centre, plus épaisse et boursouflée sur les contours, un peu brûlée ici et là. Gros coup de coeur pour la pizza del papa : crème de butternut squash (courge musquée, je lui tourne décidément de plus en plus autour, celle-ci), mozzarella fumée, artichaut, poivrons rouges et jaunes. Ce soir-là, un vendredi, l’ambiance était ruinée par une musique de boîte de nuit à défriser les danceflooreuses du Memphis, dommage.

Pizza del papa Kesté

Kesté Pizzeria, 271 Bleecker Street, NYC

Enfin, il a bien fallu aller faire un tour chez Eataly, le nouveau mégastore italiano du mégachef Mario Batali, associé ici à la famille Bastianich. 4600 m2 dédiés à la gastronomie italienne, on se croirait chez Bloomingdale’s : hauteur des plafonds gigantesque, murs blancs, « départements » pasta, pain, huile d’olive, conserves, fruits et légumes, fromage, viande, poisson, chocolat, café, glaces… Des produits sublimes, évidemment (dans mon panier, des olives piment-écorce d’orange, des paquets de pâtes, de la confiture de mandarine, des tomates cerises en conserve, des anchois…) et pas toujours hors de prix. Mais aussi une librairie, un rayon d’ustensiles Alessi, une école de cuisine, un grand magasin de vins et sept restaurants thématiques : Manzo (viande), Il Pesce (poisson), La Pasta, La Pizza, I Salumi e I Formaggi, Il Crudo, dont une station antipasti. Tout ça est très impressionnant, mais… je préfèrerai toujours le calme de la petite épicerie Raffetto’s (144 West Houston Street) spécialisée dans les pâtes fraîches, la mozzarella de l’admirable Di Palo’s Dairy (200 Grand St) ou les artichauts marinés d’Alleva Dairy (188 Grand St)…

Alleva Dairy et Di Palo's, deux belles adresses de ce qui reste de Little Italy

Eataly, 200 5th Ave, NYC

Et puisqu’il vient de sortir en librairie, voilà une bonne occasion de faire la réclame pour le guide « Goûtez New York » (Agnès Viénot, 15 euros), que j’ai truffé d’autres adresses italiennes (mon restaurant préféré, ma pizzeria préférée, le chouette quartier de Belmont, dans le Bronx…).

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§ 3 réponses à New York, mon Italie (Noémie)

  • C’est le côté Bento des plateaux repas… récemment j’ai eu la surprise d’en recevoir un sur la ligne de train Paris-Francfort qui n’est vraiment pas si longue! Mais Noémie, le jock est en effet un produit rare en dehors du Sud Ouest, non? Ce serait le comble du snob d’en manger « à la petite cuillère » dans l’avion 😉 Nous on a une épicerie italienne dans notre rue à Paris, à tomber par terre.

  • Naolia dit :

    Je découvre votre blog suite un mail d’Hellocoton. Quelle belle découverte! Votre blog est un vrai régal des sens. A bientôt via vos prochaines recettes.

  • Merci Naolia, on espère te compter parmi nos fidèles lectrices !

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